L’usine est à eux, mais ils comptent sur vous !

Chronique gastronomique de l’Oncle Zé

« De bon appétit, le bourgeois bouffa la Commune »

, déclamait Maïakovski dans son poème Les Premiers Communards (disponible dans la Zémathèque). Vous avouerez, Camarades, que le prolo de base, dans sa nature, manque cruellement de civilité, le retour d’invitation n’est pas dans ses gènes. Depuis 1871, cette dette culinaire demeure toujours à son passif sans que jamais elle ne soit entièrement acquittée. Les petits mitrons républicains avait bien commencé à trier les lentilles : 1905*, la séparation de l’église et de l’Etat privait la bourgeoisie de ses Chefs de Partie** , alors qu’ils étaient déjà amputés, depuis quelques années auparavant , de leurs apprentis commis par l’interdiction du travail des enfants de moins de 12 ans.

* Cette même année, tandis qu’à Saint-Pétesbourg, les cosaques lançaient la mode des paëllas géantes Place du Palais d’Hiver, le réalisateur Serguei Eisenstein, âgé de sept ans, s’éclatait la clavicule en faisant du roller au Grand Escalier d’Odessa.

**appelés aussi Aboyeurs

1ère et 2ème Intox Mondiale

La grande intoxication alimentaire de 14, conduisit mon cher peuple russe à s’adonner à une nouvelle cuisine dès 1917. Chez vous, les honorables recettes Frontpop’, récompensées au Concours Agricole de 1936, ne parvinrent toutefois pas à détrôner celles à la carte de Chez Maxim’s ; surtout qu’une pénurie d’olives internationales amena un commis de gargote jusqu’ au grade de Chef Etoilé de la Maison Espagne. Cette déroutante promotion annonçait une toxémie internationale qui allait s’étendre sur toute l’Europe. Heureusement, mon cuistot préféré, un certain Joukov, nous marmita une fricassée maison lors d’un pique-nique sur les rives de la Volga… le père Von Paulus en a fait une indigestion si carabinée, qu’on l’entendait dégueuler ses tripes de l’usine Dzerjinski jusqu’à l’Alexanderplatz.

Si par la suite, quelques cuistances furent offertes à certains des plus en vue à la Libération, le solde de tout compte n’était toujours pas réglé… et peu à peu, l’on se fit à l’idée que finalement, le doryphore pouvait cohabiter en bonne intelligence avec la patate… ou plutôt, que la patate devrait supporter le doryphore, le nuisible étant de toute façon assuré de sa becquetance.

Les temps modernes

Les tambouilles des années 80 n’ayant pas vraiment, ou si peu, changé l’art culinaire, que quelques ingrédients d’apothicaires ont suffit pour massacrer en quelques décennies les meilleures réalisations de votre patrimoine gustatif… et vous conduire aujourd’hui à cette fameuse cuisine moléculaire, tant engouée.

Avec elle, si l’esthétique est au rendez-vous, la consommation en est des plus toxiques. Ainsi, on injecte une grosse louche de jactance révolutionnaire ; ceci afin de masquer le goût d’une trop longue macération social-démocrate. Le produit ainsi paré est prêt à être cuisiné, il suffit de bien le diluer à feu nourri dans n’importe quel bac plus ou moins sain et d’y rajouter le plus d’épices possibles, attention ! n’utiliser que des plus inodores et incolores. La saveur, elle importe peu, le principal étant plus de vous empoisonner bien lentement que de vous procurer de la saveur.

La liste des adeptes militants de cette tambouille s’allonge au fil des concours : Padawans mitterandieux, Sociophobes dénaturés, Législophages confirmés, Capitalogistes portés sur la petite enfance, et même jusqu’à certains de vos cadres sur le retour. La Faculté, dans son ensemble, s’accorde bien pour la déconseiller aux plus fragiles, d’autant plus qu’ils en sont souvent les plus friands et victimes, au stade le plus extrême de Lepenite aigüe.

L’Espoir

Il demeure toutefois quelques lueurs d’espoir… ainsi à la grande insatisfaction de vos possédants, certaines associations peuvent surprendre, le tout est de s’entendre dès le départ, sur le plat à conconcter. Sans recette équilibrée vous passerez de la daube lentement mijotée au préparé-micro-ondable.

Parmi ces quelques rares défenseurs de la gastronomie sociale, vous avez la chance d’avoir à Gémenos les ex-Fralib, néo-ScopTI. Après 1336 jours de lutte acharnée contre la multinationale UNILEVER qui dé-localisait la production de la marque Eléphant en Pologne, ces gâte-sauce libérophages se montèrent en Société de Coopérative Ouvrière Participative et produisent depuis 2014 leurs marques de Thé et Infusions 1336 puis SCOPTI avec comme slogan de coopérative « Engagée sur l’humain, engagée sur le goût »

Ils ont aujourd’hui plus que jamais besoin de vous !

« Malgré la reconnaissance de notre savoir-faire et la qualité de nos produits, SCOPTI manque de moyens financiers pour se développer et se projeter sereinement dans le temps. Alors que le carnet de commandes se remplit, la vente des marques « 1336 » et « Bio SCOPTI » peine à trouver sa place sur le marché. Nos marques sont très jeunes, insuffisamment connues et il reste encore beaucoup à faire pour que chaque consommateur puisse y avoir accès. L’absence de publicité fait défaut à notre notoriété et nous devons trouver les fonds nécessaires pour cela ! »

Comment les soutenir :

Totalement gratuit : Faire une demande de produits SCOPTI auprès de votre supermarché

soit directement à l’accueil, soit par un petit mot dans la boite de suggestions/idées du magasin. Le capitaliste n’a d’autre valeur que le pognon, il est donc par nature plus enclin à étudier ses études de marché que de se conformer aux directives officieuses des organisations patronales, vous vous doutez bien que ce genre réussite ouvrière n’est pas sans leur donner quelque crise d’urticaire.

Se payer le plaisir

de déguster un thé ou une infusion de qualité, équitables, privilégiant dès que c’est possible les circuits courts (Auvergne et Drôme pour les plantes d’infusion) ,garantis sans arôme artificiel, fabriqués en France et traçables... (un mot que j’aime bien… mes années de limbes ne m’ont pas pour autant changé le naturel paternelo-vigilant) La Boutique 1336

Participer même modestement à la campagne de Sociofinancement

SCOPTI appelle à la mobilisation de tous pour passer un cap difficileParticipez

Nous avons besoin des ressources financières nécessaires pour gagner, notamment dans la perspective de nouveaux contrats avec la grande distribution. Ces contrats permettront de pérenniser la coopérative mais demandent une trésorerie et un fond de roulement importants. C’est pourquoi nous avons décidé de lancer une grande campagne de sociofinancement dans le but de doter SCOPTI des moyens de son développement, et de l’accélération de ses ventes. Nous appelons toutes les personnes qui souhaitent s’engager à nos côtés à y participer ! »

Le nouveau Thélétament ou La Thénèse en vidéo

Leur histoire – 27 mn

Leur histoire – docu Public Sénat – 54 mn

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